En 2022, la famille Berthier rachète un mas en pierre du XVIIIe à Caux, abandonné depuis trente ans.
Quand je le visite pour la première fois, le constat est lourd : murs disjoints sur le pignon nord,
charpente affaissée, enduits ciment des années 1970 plaqués sur les façades — qui emprisonnent l'humidité
et font éclater la pierre par-dessous. Dans la pièce de vie principale, une voûte d'arête menace ruine,
la clé déjà fissurée, les retombées qui descendent.
Trois entreprises avant moi avaient parlé de démolition partielle : reprendre le pignon en parpaings,
couler une dalle béton, abattre la voûte. La famille Berthier n'en voulait pas — moi non plus.
Ce n'était pas la bonne façon de respecter ce que ce bâtiment était venu nous dire.
J'ai proposé une autre voie : conserver tout ce qui pouvait l'être, restituer le reste avec les
mêmes matériaux, les mêmes gestes. Dix-huit mois plus tard, le mas est debout, les murs respirent,
et la voûte est toujours là.